Un basc escriu al President de la República Francesa

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le ministre de l’Intérieur,
Monsieur le ministre de l’Education nationale, Madame la ministre de la culture,
Mesdames, Messieurs les parlementaires.
Bayonne, le 22 juin 2013
Seaska est la fédération des ikastola, écoles associatives immersives laïques en langue basque qui scolarise plus de 3000 élèves. Créée en 1969, la fédération regroupe aujourd’hui 30 écoles de la maternelle au BAC. Elles sont sous contrat d’association depuis 1994. Compte tenu du rôle indéniable dans la transmission du patrimoine linguistique de leur territoire, les collectivités locales ont toujours aidé les ikastola dans ce combat commun pour la survie de la langue basque. De 1969 à 1994, les collectivités ont hébergé, logé gratuitement, construit des bâtiments sur fonds publics pour abriter les enfants scolarisés en euskara (langue basque). Lorsqu’en 1994, les écoles immersives n’ont pas eu d’autres choix que de rentrer dans le cadre juridique du contrat d’association, cette pratique a perduré jusqu’à aujourd’hui. Désormais, victime collatérale d’intérêts politiciens locaux qui n’ont rien à voir avec la langue et les ikastola, cette pratique doit faire face à la loi, implacable, injuste. Monsieur le Sous-préfet de Bayonne n’a pas trouvé d’autre voie que celle de rejeter un usage local vieux de 44 ans sans mesurer les dégâts d’une telle décision pour la politique linguistique. Cet accord tacite désormais rompu, nous n’avons plus de solution légale. Monsieur le président, Mesdames, Messieurs quelles sont les solutions ? La première, la plus juste à nos yeux serait de reconnaître le travail spécifique que font les écoles associatives immersives pour les langues bretonne, occitane, catalane, alsacienne ou basque, en créant un corpus législatif qui permettrait de promouvoir un tel enseignement dans l’esprit d’un partenariat « public-privé », -nous nous dirions plutôt « public-associatif»- esprit qui est d’ailleurs présent dans les conventions que nous avons signées avec les recteurs d’Académies. La seconde serait de régler cette simple question du logement, par l’ajout d’une possibilité de construction au titre patrimonial des langues régionales de l’article 75-1 de la constitution et sur la base du volontariat des collectivités territoriales. La dernière qui ne satisferait personne, encore moins le corps préfectoral, serait de continuer dans la voie qui a été prise jusqu’à présent… recommencer à fermer les yeux jusqu’à la prochaine fois… En alimentant le lit des tensions et des crispations. Monsieur le Président, vous qui avez eu le plaisir de venir il y a quelques mois aux fêtes de Bayonne et à la Pastorale Souletine de Larrau, vous ne connaissez certainement pas le sens de l’expression « Hitza Hitz ». En basque cela veut dire que l’on doit respecter la parole donnée. Vous avez promis la ratification de la Charte Européenne des langues minoritaires, en sachant que cela induisait une modification de la Constitution et une loi pour nos langues. Alors nous vous demandons de tenir votre engagement, votre promesse de campagne. Monsieur le président comment peut-on défendre l’exception culturelle Française face à la mondialisation et aux directives européennes, tout en niant les langues et cultures dites régionales, qui sont les exceptions culturelles du patrimoine universel ?
Paxkal Indo, Président de Seaska, Président du réseau Eskolim (ABCM, Bressola, Calandreta, Diwan, Seaska) Nere Pentzea – 64250 KANBO
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